Défaire le mythe de la résistance
Je considère important, d’entrée de jeu, de parler de la résistance au changement puisqu’on a tendance à penser qu’elle est toujours négative. Cette résistance est normale et n’importe qui peut la vivre. Elle fait partie des étapes d’un processus de changement. Ce n’est pas parce qu’une personne résiste qu’elle est une « mauvaise employée » ou qu’elle est incapable de vivre le changement. La résistance prend une intensité différente selon la situation à laquelle l’individu est confronté. La résistance est un drapeau rouge que l’on élève afin de signifier qu’un besoin n’est probablement pas adéquatement répondu. Pourquoi? Parce que la personne a besoin de nommer ce qui la préoccupe. Le mot clé est « préoccupation ». Il est donc essentiel de démystifier la croyance voulant que la résistance soit néfaste ou anormale.
Se poser les bonnes questions
L’idée générale est de demeurer en mode « solutions » lorsque vient le moment de réfléchir à la manière dont on doit aborder le changement. Il est essentiel de se poser les bonnes questions : Est-ce que ce changement est en lien avec mes valeurs? Comment me permet-il de bien vivre mes valeurs? Parmi mes talents, lesquels est-ce que je pourrais utiliser pour être au service du changement et, ainsi, devenir un acteur positif dans cette transformation? Je vous propose trois pistes de réflexion afin d’évoluer dans cette direction :
Nommer nos besoins
La première des choses est de reconnaître ses préoccupations. Souvent, votre préoccupation va venir d’une émotion, d’un malaise ou d’un inconfort. Je vous offre un exemple fictif : j’adore offrir des formations en présence et on m’indique que mes formations sont désormais offertes exclusivement en virtuel. Je suis mal à l’aise et ma résistance cache un besoin qui m’est important : celui d’être en contact direct avec les gens. Si je perds ce contact humain, j’ai l’impression que mes valeurs seront touchées. La solution serait d’exprimer mon besoin à mon gestionnaire dans des mots simples afin qu’il comprenne ce qui me dérange. N’oubliez pas d’identifier comment vous vous sentez afin de le transmettre avec le plus d’exactitude possible. Dernier aspect important : parlez au « je » lorsque vous vous exprimez. Ce sont vos besoins et c’est de vous dont il est question. Restez centré sur le « je » afin d’éviter que la conversation tourne en confrontation.
Comprendre que la résistance est synonyme de « peur »
En réfléchissant à cette nouvelle manière de faire, maintenant que j’ai identifié mon besoin d’être en relation avec les autres, je dois également faire émerger la peur sous-jacente à cette situation. Quelle est-elle? Pour reprendre mon exemple, ma peur est peut-être de tout simplement trouver mon emploi démoralisant ou solitaire puisque je resterai désormais à distance pour offrir des formations. Ma peur peut aussi être de perdre le contact avec mes autres collègues avec qui j’avais de bons liens et que je ne verrai plus qu’à de rares occasions. Identifier les peurs liées à ces changements peut également contribuer à mettre des mots justes sur ce que vous vivez et, ainsi, les communiquer avec exactitude à votre gestionnaire.
Faire preuve d’ouverture
La responsabilité vous appartient, encore une fois, d’aller voir votre gestionnaire et de lui demander ouvertement ce qu’il a vu dans le changement que vous n’avez peut-être pas remarqué ou considéré. Vous pouvez, bien sûr, proposer des alternatives, mais la première solution à proposer est certainement d’ouvrir la discussion avec votre gestionnaire. Gardez en tête que ce dernier n’a sans doute pas agi afin de vous nuire, mais plutôt d’accroître l’efficacité au sein de l’entreprise. Dans mon exemple, mon gestionnaire aussi a peut-être un besoin à combler comme celui de s’assurer de la satisfaction des clients qui demandent de plus en plus d’accéder aux formations en format virtuel. Faire preuve d’ouverture va dans les deux sens et peut ouvrir la porte à de belles discussions.
Pour conclure
Exprimer ses besoins, ses limites personnelles et ses valeurs est loin d’être chose facile! Néanmoins, entamer la discussion et exprimer ce qui nous préoccupe est la clef pour prendre le « contrôle » du changement et y jouer un rôle positif. Le simple fait de se sentir entendu et compris fait toute la différence. Même si le gestionnaire n’est pas en accord avec l’employé, il fait déjà un grand bout de chemin en indiquant à l’employé qu’il comprend le sens de ses inquiétudes. La communication est la base de tout! À force de discuter, vous verrez que vos inquiétudes, vos peurs ou vos insécurités sont peut-être bien simples à régler et s’effaceront peut-être nettement plus vite que prévu!
Pour aller plus loin :
➡️ Gestion du changement : s'adapter, devenir un acteur principal et retrouver sa sérénité