Efficacité opérationnelle

Cartographie des processus, gagner en qualité sans se noyer

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Cartographie des processus, gagner en qualité sans se noyer

Cartographier un processus n’a de valeur que si ça aide vos équipes à mieux effectuer leur travail. L’objectif n’est pas de produire de beaux schémas, mais d’obtenir des gains mesurables rapidement. Une approche pragmatique est nécessaire pour y parvenir, incluant la clarification de l’objectif, l’implication des bonnes personnes, le choix du niveau de détail et le passage à l’action. 

1. Clarifier l’objectif et le périmètre d’une cartographie de processus

Cartographie des processus - check listLa première question à se poser est « pourquoi cartographier » : améliorer la qualité, réduire les délais, diminuer les erreurs ? Y répondre vous donnera une cible et des KPIs : taux d’erreur, coût par dossier, satisfaction client, taux de retour, etc. 
Une fois que c’est fait, il est temps de définir le périmètre : où et quand finit le processus, quels sont les produits/services inclus ou exclus, avec quelles hypothèses et contraintes. 
Et puisqu’il faudra parfois arbitrer, nommez un sponsor dont ce sera le rôle.

Prenons un exemple simple pour illustrer : dans les 90 prochains jours, l’objectif est de réduire de 20 % le temps de production d’un devis (entre le moment où entre une demande qualifiée et le moment où le devis est envoyé au client) et d’améliorer de 15 points le taux de premier passage conforme, avec un suivi hebdomadaire des KPIs.

De ce fait on cartographie l’existant, on test sur un échantillon réduit et les améliorations ne seront décidées qu’après validation terrain.

2. Impliquer les parties prenantes et poser la gouvernance

L’objectif et le périmètre sont clairs, il faut maintenant préciser les rôles et responsabilités.

Dans notre exemple, le sponsor est le directeur des ventes, le process owner est le responsable du service client. Les autres participants seront : des représentants, des experts métiers, possiblement les TI ou les finances, selon le besoin. La gouvernance précise que la cartographie est validée par le PO, le plan d’action par le sponsor. Les arbitrages auront lieu en comité hebdomadaires de 30 minutes pendant la phase de test1. Un RACI simple vous évitera les zones grises. 
Quant au déroulement de vos ateliers de travail sur la cartographie, cadrez la durée, précisez les règles et documentez les décisions…

On ne saute pas aux solutions avant d’avoir valider un flux réel.

3. Cartographier un processus, oui, mais jusqu’où ?

Le plus logique est d’adopter une progression par niveaux :

  • L1 : macro-processus, vue d’ensemble
  • L2 : comprendre et piloter (on est dans l’opérationnel et on détaille les décisions, exceptions, interfaces… pour les chefs d’équipe, responsable métier, etc.)
  • L3 : procédures détaillées où le risque ou le gain est élevé.

Pour nos devis, cela donnerait :

  • Chaîne actuelle (L2) : 
    Demande → Qualification → Chiffrage → Validation manager → Validation finance (toutes remises) → Mise en forme → Envoi → Ajustements (boucles)
  • Irritants possibles (à confirmer en atelier) : entrées incomplètes, double validation

4. Prioriser les processus à cartographier

Ne cartographiez pas « tout, tout de suite ». L’impact stratégique, la fréquence des dysfonctionnements, le volume, les risques et la maîtrise actuelle dicterons ce qui doit l’être. Une matrice Impact x Effort aide à prioriser/équilibrer « quick wins » et processus phare. À condition que :

  • elle repose sur des données : réclamations, non-conformités, tickets TI, etc. plutôt que des impressions
  • ces données sont pondérées (selon l’impact client, la fréquence, les données disponibles…)

Dans notre exemple des devis, ceux-ci seraient sans aucun doute en P1 car ils touchent à la fois l’expérience client et les revenus.

5. Conduire les ateliers et valider sur le terrain

Constituez une équipe resserrée (5 à 8 personnes) et animez des ateliers de 90 minutes centrés sur des faits (échantillons de dossiers, chiffres) et non des opinions. Recensez l’existant (procédures, organigrammes, indicateurs, matrices de responsabilités…) pour partir du réel et avoir une mesure de départ, puis testez votre cartographie sur 3 à 5 cas récents pour confirmer le flux et repérer les exceptions. Profitez-en pour définir un protocole de mesure (nombre de transferts d’un service à l’autre, nombre de demandes de corrections, etc.).

Dans notre cas on peut imaginer que les irritants seraient confirmés et des changements décidés (standardisation des entrées et validation finance conditionnelle)

6. Cartographier… et prévoir l’après

Cartpgraphie des processus - pièges

La cartographie c’est un outil pour agir, avec un backlog d’améliorations classé par gain/effort. Avant de tout changer, lancez un pilote de 4 à 6 semaines sur 1 ou 2 irritants majeurs et mesurez les résultats. À partir de votre état des lieux actuel (mesuré afin de pouvoir comparer avant/après), suivez vos KPIs toutes les deux semaines et instaurez une revue mensuelle d’amélioration continue. Prévoyez aussi :

- la communication (qui informe, quoi, quand)
- la formation des équipes concernées
- la gestion documentaire (version, date, propriétaire, emplacement)

En continuant avec nos devis la nouvelle chaîne proposée serait :

- Demande standardisée → Triage → Chiffrage → Validation selon seuils → Mise en forme → Envoi 
Les exceptions suivent un sous-flux dédié (par exemple pour les seuils de montants flagués par les finances).

Dans notre exemple, le travail effectué devrait permettre de réduire le temps de production d’un devis, de diminuer les corrections et d’augmenter la conformité dès le 1er passage.

Pour conclure

Pour être utile, une cartographie doit être claire, validée par le terrain et reliée à des résultats mesurables. Les délais, les erreurs et les irritants seront réduits dès les premières semaines si vous restez focalisé sur la qualité attendue par vos clients et le quotidien de vos équipes.

Pour structurer vos processus et obtenir des gains en quelques semaines :

➡️ Cartographie des processus : visualiser pour optimiser 

 

(1) Il est suggéré de procéder à une phase pilote pour valider que « tout tient la route » et identifier les irritants/points de friction, pendant 4 à 6 semaines, sur un bassin défini de dossiers. Une fois la phase pilote passée et validée, le processus est revu à l’échelle de l’organisation.