Multitâche : l’illusion qui fatigue
On croit gagner du temps en faisant plusieurs choses à la fois. Pourtant, notre cerveau ne « multitâche » pas des choses complexes. Ce qu’il fait, c'est du temps partagé, en gros il jongle d’une tâche à l’autre. Et chaque jonglerie coûte de l’énergie mentale.
- Résultat : baisse d’efficacité, erreurs et fatigue accrue.
Solution : regroupez les tâches similaires ensemble (ex. : lecture de courriels en bloc, appels les uns à la suite des autres, plage dédiée pour la rédaction).
Trop d’infos, pas assez de mémoire
Votre mémoire de travail, c’est un peu comme un bureau. Si vous empilez tout dessus, plus rien n’est accessible facilement. Et là, c’est le trou noir : « J’avais une idée brillante… mais elle s’est volatilisée. »
- Ce bazar mental s’appelle la surcharge cognitive. Votre cerveau rame car il tente de tout garder en tête, en même temps.
Solution : notez rapidement les idées qui vous viennent, même en vrac. Cela libère votre mémoire de travail et réduit l’anxiété liée à l’oubli.
Émotions et stress : des passagers qui revendiquent
Quand on parle de performance au travail, on oublie souvent un acteur majeur : les émotions (il est d’ailleurs illusoire de penser que les émotions qui vous animent à titre personnel, ne viendront pas empiéter sur le terrain professionnel). Stress, frustration, peur de ne pas livrer à temps… Tout cela brouille notre attention, sabote la mémoire, ralentit la prise de décision.
- Trop d’émotion, et c’est comme si une alarme interne se mettait à hurler dans le cerveau, empêchant la partie « rationnelle » de faire son travail.
Solution : prendre une pause physique (marcher, respirer, sortir) est une stratégie efficace pour « débrancher » temporairement cette surcharge émotionnelle et retrouver ses moyens.
Travailler AVEC son cerveau, pas contre lui
Voici quelques situations courantes, et quoi faire concrètement (et gentiment) pour contourner les pièges du cerveau :
Problème fréquent |
Pourquoi ça coince |
Ce qu’on peut faire |
Je suis toujours distrait·e |
Le cerveau aime la nouveauté |
Coupez les notifications 30 min/jour |
Je suis fatigué·e à 14h |
Le cerveau n’a pas eu de vraie pause |
Faites une pause, sans écran, de préférence en bougeant |
Je commence tout, je ne finis rien |
Le cerveau se lasse vite, surtout si c’est long |
Commencer par une tâche facile à finir pour enclencher la dynamique |
J'ai du mal à prioriser |
Le cerveau n’aime pas l’incertitude |
Essayez la règle des 2 minutes[1], ou la matrice d’Eisenhower[2] |
Et si mieux se comprendre, c’était déjà mieux travailler?On parle souvent de méthodes, d’outils, de gestion du temps… Et tout cela reste précieux ! Parce qu’être productif, ce n’est pas en faire toujours plus, c’est faire ce qui compte, au bon moment, avec un cerveau encore frais et dispo. Pour aller plus loin : [1] Si une tâche prend moins de 2 minutes à réaliser, faites-la immédiatement [2] C’est le fameux quadrant qui permet de classer les tâches selon leur importance et leur urgence pour prioriser, planifier, déléguer ou annuler leur réalisation. Sources : Randstad - Quels rôles peuvent jouer les neurosciences en entreprise ? |
Idées pour une pause cérébrale
Scroller sur son téléphone ou sauter d’un onglet à l’autre n’est pas reposant pour le cerveau.
Petit rappel neuroscientifique : une pause, c’est un moment où l’attention consciente diminue. C’est là que l’on consolide la mémoire, qu’on fait des liens inattendus… et qu’on recharge ses batteries mentales. |