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Neurosciences : comment travailler avec votre cerveau, pas contre lui

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Neurosciences : comment travailler avec votre cerveau, pas contre lui

Naviguer entre les onglets de son navigateur, répondre à un courriel, consulter une notification Teams, revenir sur sa tâche en cours, à répétition... Et se demander, 45 minutes plus tard : « Mais j’ai fait quoi exactement ce matin ? »

Si cette scène vous semble familière, rassurez-vous : vous n’êtes pas seul·e et ce n’est pas (entièrement) de votre faute. C’est votre cerveau qui fait de son mieux avec ce qu’on lui impose. Bonne nouvelle : les neurosciences nous donnent des clés pour tenir le rythme sans y sacrifier toute notre énergie.

Multitâche : l’illusion qui fatigue

On croit gagner du temps en faisant plusieurs choses à la fois. Pourtant, notre cerveau ne « multitâche » pas des choses complexes. Ce qu’il fait, c'est du temps partagé, en gros il jongle d’une tâche à l’autre. Et chaque jonglerie coûte de l’énergie mentale.

  • Résultat : baisse d’efficacité, erreurs et fatigue accrue.

Solution : regroupez les tâches similaires ensemble (ex. : lecture de courriels en bloc, appels les uns à la suite des autres, plage dédiée pour la rédaction).

Trop d’infos, pas assez de mémoire

Votre mémoire de travail, c’est un peu comme un bureau. Si vous empilez tout dessus, plus rien n’est accessible facilement. Et là, c’est le trou noir : « J’avais une idée brillante… mais elle s’est volatilisée. »

  • Ce bazar mental s’appelle la surcharge cognitive. Votre cerveau rame car il tente de tout garder en tête, en même temps.

Solution : notez rapidement les idées qui vous viennent, même en vrac. Cela libère votre mémoire de travail et réduit l’anxiété liée à l’oubli.

Émotions et stress : des passagers qui revendiquent

Quand on parle de performance au travail, on oublie souvent un acteur majeur : les émotions (il est d’ailleurs illusoire de penser que les émotions qui vous animent à titre personnel, ne viendront pas empiéter sur le terrain professionnel). Stress, frustration, peur de ne pas livrer à temps… Tout cela brouille notre attention, sabote la mémoire, ralentit la prise de décision.

  • Trop d’émotion, et c’est comme si une alarme interne se mettait à hurler dans le cerveau, empêchant la partie « rationnelle » de faire son travail.

Solution : prendre une pause physique (marcher, respirer, sortir) est une stratégie efficace pour « débrancher » temporairement cette surcharge émotionnelle et retrouver ses moyens.

Travailler AVEC son cerveau, pas contre lui

Voici quelques situations courantes, et quoi faire concrètement (et gentiment) pour contourner les pièges du cerveau :

Problème fréquent

Pourquoi ça coince

Ce qu’on peut faire

Je suis toujours distrait·e

Le cerveau aime la nouveauté

Coupez les notifications 30 min/jour

Je suis fatigué·e à 14h

Le cerveau n’a pas eu de vraie pause

Faites une pause, sans écran, de préférence en bougeant

Je commence tout, je ne finis rien

Le cerveau se lasse vite, surtout si c’est long

Commencer par une tâche facile à finir pour enclencher la dynamique

J'ai du mal à prioriser

Le cerveau n’aime pas l’incertitude

Essayez la règle des 2 minutes[1], ou la matrice d’Eisenhower[2]

 

Et si mieux se comprendre, c’était déjà mieux travailler?

On parle souvent de méthodes, d’outils, de gestion du temps… Et tout cela reste précieux !
Mais le plus grand levier de performance, c’est peut-être là, entre nos deux oreilles. En comprenant les limites naturelles de notre cerveau, et en apprenant à les respecter, on peut non seulement gagner en efficacité, mais aussi en bien-être.

Parce qu’être productif, ce n’est pas en faire toujours plus, c’est faire ce qui compte, au bon moment, avec un cerveau encore frais et dispo.

Pour aller plus loin :

[1] Si une tâche prend moins de 2 minutes à réaliser, faites-la immédiatement

[2] C’est le fameux quadrant qui permet de classer les tâches selon leur importance et leur urgence pour prioriser, planifier, déléguer ou annuler leur réalisation.

Sources : Randstad - Quels rôles peuvent jouer les neurosciences en entreprise ?

Idées pour une pause cérébrale

Scroller sur son téléphone ou sauter d’un onglet à l’autre n’est pas reposant pour le cerveau.

  • Regarder dehors sans rien faire
  • Pratiquer la cohérence cardiaque (3-4 respirations lentes/minute)
  • Fermer les yeux et écouter de la musique
  • Faire des étirements simples ou bouger un peu
  • Dessiner ou gribouiller sans but précis
  • Ranger ou organiser un petit espace (effet reset mental garanti)

Petit rappel neuroscientifique : une pause, c’est un moment où l’attention consciente diminue. C’est là que l’on consolide la mémoire, qu’on fait des liens inattendus… et qu’on recharge ses batteries mentales.

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