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Anglicismes : une question d’équilibre?

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Anglicismes : une question d’équilibre?

Avez-vous déjà été critiqué pour l'utilisation excessive d'anglicismes dans vos écrits ou vous êtes-vous déjà transformé en gardien zélé de la langue française face à ce que vous considérez comme des mauvais usages? Dans cette quête ardente d'un usage respectueux de la langue, existe-t-il réellement un antagoniste à vaincre?  

Peut-être que la vérité sur les anglicismes se situe dans une zone plus nuancée, un spectre allant bien au-delà d’une simple dualité "qui a raison qui a tort".

Mais, qu'est-ce qu'un anglicisme, exactement? 

Un anglicisme est un élément de la langue anglaise (que ce soit un mot, une expression, un sens, ou une structure syntaxique) adopté par une autre langue. Pour nous, francophones, l'emprunt à l'anglais est une pratique courante depuis longtemps. Ces emprunts se classifient en plusieurs catégories : 

  • L'emprunt lexical : l'adoption directe d'un mot anglais (par exemple, startup pour désigner une jeune entreprise innovante); 
  • L'emprunt syntaxique, ou calque, qui adapte une structure de l'anglais (par exemple, faire sens pour "make sense"); 
  • L'emprunt sémantique, ou faux ami, où un mot français est utilisé dans un sens emprunté à l'anglais (par exemple, réaliser dans le sens de "to realize" qui veut dire “se rendre compte”); 
  • L'emprunt phonétique, qui consiste à adopter des sons spécifiques de l'anglais, comme “weekend” par exemple. 

Aujourd’hui, les influences culturelles et technologiques anglophones, encore plus prégnantes avec l'expansion du numérique et des réseaux sociaux, ont introduit de nouveaux termes dans notre quotidien. Citons à titre d’exemples : 

  • Deepfake : Ce terme désigne une technique de synthèse d'image basée sur l'intelligence artificielle permettant de créer des vidéos ou des audio semblant réels. Malgré des tentatives pour trouver un équivalent français, le mot "deepfake" reste largement utilisé. 
  • Ghosting : Importé du domaine des relations interpersonnelles, notamment des rencontres en ligne ou lors des processus de recrutement, ce terme décrit l'action de cesser toute communication avec quelqu'un sans explication. Il souligne l'impact des nouvelles technologies sur notre communication. 
  • Influencer : Bien qu’il existe des propositions françaises comme "influenceur", le terme anglais est couramment utilisé pour désigner une personne ayant un pouvoir de recommandation important sur les réseaux sociaux. 

Les interactions entre peuples favorisent naturellement ces emprunts linguistiques selon les tendances, les influences culturelles et le prestige de certains pays à travers l'histoire. Par exemple, le français a enrichi son vocabulaire musical grâce à l'italien. De nos jours, avec l'émergence de nouveaux concepts et technologies, l'anglais, notamment l'américain, domine le vocabulaire des nouvelles technologies. 

Les anglicismes sont-ils donc à bannir? 

Si l'emprunt linguistique est un phénomène normal, faut-il pour autant condamner sans appel les anglicismes ? Il est bon d'exercer un jugement éclairé, car tous les anglicismes ne se valent pas et leur pertinence varie selon le contexte de communication. Certains mots anglais sont devenus indispensables, faute d'équivalents français appropriés, comme selfie, streaming, ou hashtag. 

Cependant, d'autres emprunts, comme spoiler au lieu de divulguer ou révéler (voire divulgâcher), peuvent être considérés comme superflus et évitables, surtout lorsqu'ils supplantent des termes français existants. Des ressources comme les dictionnaires en ligne ou les guides linguistiques comme l'OQLF offrent d'excellentes alternatives pour identifier et remplacer ces anglicismes lorsque cela est possible. 

L'usage, arbitre des nuances 

Une troisième catégorie émerge : celle des anglicismes qui, malgré les propositions officielles, restent préférés par les locuteurs et s'intègrent progressivement à la norme. L'adoption du mot cool, par exemple, montre comment l'usage peut influencer la langue. Lorsque les propositions de remplacement ne convainquent pas par leur utilité ou leur précision, l'usage populaire tend à prévaloir. Toutefois, il faut garder à l'esprit que l'usage immodéré des anglicismes peut aussi être mal vu, perçu comme une forme de négligence ou de perte d'identité culturelle. 

Ainsi, avant de rejeter un anglicisme dans un contexte professionnel, la question clé à se poser est : existe-t-il une alternative française viable et compréhensible par tous ? 

Pour explorer davantage les facettes des anglicismes, des ressources comme la Banque de dépannage linguistique offrent un riche éventail d'articles et de références. S'informer sur les critères d'acceptabilité et les nuances des emprunts peut enrichir notre pratique linguistique, tout en respectant l'évolution naturelle de la langue. 

Pour conclure 

Plutôt que de considérer les anglicismes comme des ennemis à bannir, nous devrions les approcher avec discernement, en évaluant leur utilité, leur intégration et leur acceptabilité dans notre quotidien. Les langues, vivantes et dynamiques, se nourrissent des échanges culturels, et l'anglicisme, loin d'être une simple intrusion, est parfois un pont vers l'innovation et la compréhension mutuelle. 

Pour aller plus loin :

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